Nous ne sommes pas des amateurs

J’ai depuis longtemps la sensation que le terme « radioamateur » est obsolète. Le diminutif « ham » est encore pire. Ces termes donnent une image vieillie d’hommes encroûtés, conservateurs, cyniques et obèses, même si ce stéréotype est en grande partie exact.

Nous devons réfléchir aux changements qu’a subi le radioamateurisme au cours des 60 dernières années. Nous ne sommes plus un groupe dans lequel le gouvernement pourra puiser des opérateurs de radio comme cela a été le cas lors de la Deuxième Guerre mondiale. Nous n’inventons pas non plus de technologies de pointe. Aujourd’hui, nous  ne faisons que nous amuser avec de nouvelles façons de faire de la radio, principalement avec des ordinateurs et des logiciels, et nous avons développé de nouvelles applications comme l’APRS, mais cela reste quand même de la communication de base. Les industriels ne viennent pas nous voir pour la prochaine technologie 5G sans fil.

Les communications amateur étaient autrefois le reflet des communications professionnelles. Nous étions tous sur les bandes HF, en morse, avec le code Q et beaucoup de jargon. Nos équipements étaient à peu près interchangeables avec ceux des pros.

Aujourd’hui, les militaires ne comptent plus sur la HF, le trafic maritime commercial en HF n’est plus qu’un souvenir historique à préserver.

Nous avons évolué, en tant que radioamateurs, dans une sorte de « capsule temporelle » au fil des années alors que le reste du monde a changé autour de nous. Les contests sont devenu un sport à part, dont les racines remontent aux temps anciens des réseaux radio, lorsque DX était de 100 miles. Nos efforts dans le domaine des communications d’urgence sont nobles, autant que ceux qui donnent leur temps, leur énergie et de leur équipement, mais ils restent des exercices où l’on se prépare à des situation dans lesquelles, en pratique, on ne nous appelle jamais. Si une grosse bombe nucléaire devait nous tomber dessus demain, il est peu probable que beaucoup d’entre nous soient là pour trafiquer !

Notre communauté radioamateur est très diversifiée.. Peut être vaut-il mieux d’ailleurs parler de « nos » communautés ? Nous avons des QRPistes, des contesteurs, des ADRASEC, des amateurs de numérique, des fanas de l’AM, de SSTV ou de CW, des fans satellite, des fondus d’APRS, des chasseurs de renards, des D-STARistes, des hypéristes etc etc… Chacun de ces groupes travaille et approfondi ses connaissances dans son domaine. Et c’est un art.

Même la FCC américaine reconnaît le terme « art » dans la règlementation amateur US:

 » Continuation and extension of the amateur’s proven ability to contribute to the advancement of the radio art. »

Le Larousse définit le terme « art » notamment comme:

  • Ensemble des procédés, des connaissances et des règles intéressant l’exercice d’une activité ou d’une action quelconque : Faire quelque chose selon les règles de l’art.
  • Toute activité, toute conduite considérée comme un ensemble de règles, de méthodes à observer : Bien vivre, aimer, penser est un art.
  • Habileté, talent, don pour faire quelque chose (parfois ironique et surtout dans des expressions) : Avoir l’art du compromis.

Force est de constater que ces définitions s’appliquent bien à notre « art de la radio » !

Nous n’existons plus comme le pendant « amateur » des professionnels de la communication. Nous sommes des artistes et nous le sommes en préservant notre art de façon indépendante de ce qui se passe dans le monde extérieur.

Mais plus que seulement des artistes, nous nous engageons dans nos réalisations, nous sommes des artisans !

Nous sommes des Radio Artisans !

(Librement traduit et adapté d’un article de K3NG, avec son aimable autorisation)


4 réponses sur « Nous ne sommes pas des amateurs »

euh, c’est à dire ?

Personne qui manque de compétence, de qualification dans ce qu’elle fait, ou qui exerce une activité sans y apporter l’application ou l’assiduité désirable ; dilettante, fantaisiste : Travail d’amateur.

😉

Hello,

Comme Pascal, je suis pour la définition d’une part du dictionnaire qui trouve l’étymologie du mot amateur dans le mot amour, et d’autre part dans la définition du RR, pour l’intérêt non pécuniaire.

Si nous pouvions assumer ce que nous sommes sans honte, nous aurons fait un grand pas dans la cohérence et l’homogénéité du groupe.

73,
Philippe,
Amateur

Non non Laurent.
Tu dois bien avoir un dico quelque part chez toi!?
Je ne parle pas d’un dico en ligne. Quoique, ca peut faire l’affaire. Non; Je parle d’un livre avec des pages en papiers. 😉

a+

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