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Rétrospective 2016

Rapide retour sur l’année écoulée du point de vue radio. Cela permet au moins de mettre mes idées au clair !

Pas de QSO

Sur le plan du trafic, au moins, l’affaire est vite réglée: Je n’ai réalisé aucun QSO en 2016. Nada.

  • En décamétrique, je n’ai rien réinstallé depuis mon déménagement en 2015. Le pylône et la KT34 que j’utilisais trônent désormais fièrement dans le jardin de F4HQK, mais le reste de mon matos est encore stocké dans les cartons.
  • En novembre dernier, au salon de Monteux, j’ai acheté un petit pocket chinois Baofeng UV-5R chez Passion Radio, la boutique aux prix indétronables tenue par David, F1JXQ. Hélas, même si le pocket me permet d’entrer sur certains relais locaux, les bandes VHF et UHF sont tellement désertes que je n’y ai jamais trouvé un correspondant…

Radio-Club

A défaut de faire de la radio à la maison, j’entretiens la flamme grace à des visites au radio-club de Teyran, F8KHR. Lors du salon de Monteux, Guy F1AYG m’a parlé des activités de KHR, et je dois dire que j’ai été surpris du travail réalisé par ce club depuis quelques années: Un vrai local, avec station et labo, des cours de préparation à la licence.. Bref, un vrai club !

Projects collectifs

Ceci dit, un club ne vaut que par les projets qui l’animent. Souvent, le plus difficile n’est pas de choisir un projet radio, mais de le mener à bien. La présence d’OMs motivés et nécessaire, mais pas suffisante. Qu’il s’agisse de réaliser des QSOs en EME ou via satellite, d’être actif lors d’un contest ou d’une sortie « point haut », la rencontre ponctuelle de quelques OMs, quelques heures par semaine ne suffit pas: Il faut planifier, répartir les responsabilités, les tâches, les ressources financières. J’ai bon espoir que cela soit possible à F8KHR.

DMR

Il existe ici une association qui a pour objet la maintenance des relais radioamateurs. C’est une bonne idée, cela pérénise ces infrastructure.

Ayant fait le constat:

  • De la (très) faible utilisation des (trop?) nombreux relais des environs
  • De l’absence de tout relais numérique (ni D-STAR ni DMR)

J’ai suggéré aux responsables locaux l’idée de convertir un site en relais DMR.

Mon idée n’a apparemment pas suscité l’enthousiasme, puisque ma suggestion est restée sans réponse à ce jour. Wait and see.

Perspectives personnelles

Je dois bien avouer que le déca me manque pas mal, et que j’aimerai bien taquiner un peu de HF en 2017. Alors que faire ?

Installer une station

Évidemment, le plus simple est d’installer une station à la maison. C’est d’autant plus facile que j’habite dans une maison individuelle dont je suis propriétaire, et que j’ai tout le matériel nécessaire rangé à portée de main. Mais, au risque de paraître exigeant, je vous avoue que je n’ai guère envie de trafiquer avec une antenne filaire mal fichue: Je me connais, si c’est pour ne rien entendre et ne pas être entendu, ça va vite me gonfler.

Comme la mise en place d’un pylône et d’une beam semble difficile compte tenu des contraintes du lieu et des règles d’urbanisme… Si je commançais par ré-installer ma verticale 40-80m ? Ce sont des bandes qui fonctionnent bien à cette période, et la HF-2v donne de bons résultats (même si elle devra se contenter ici d’un plan de sol faiblard…)

Fonctionner en remote

Une autre solution serait de fonctionner en remote: Soit en utilisant la station d’un autre OM sympathique qui me donnerait un accès, soit carrément en se mettant à plusieurs pour installer une station collective quelque part, pour un usage commun. Cher lecteur, si tu est partant pour l’une ou l’autre de ces solutions, fait moi signe !

Crozet !

Dimanche après-midi.. je suis en train d’enchaîner les contact avec les américains, j’aime bien, ça fait toujours plaisir. La propagation est bonne sur 20M, je contacte des gars qui utilisent 100W dans un dipôle et des stations mobiles.

Un peu plus tôt, j’avais contacté un OM agé de.. 9 ans (je ne sais pas si le terme « Old Man » est approprié, mais Young Man ça fait un peu YMCA) c’était marrant, le jeune Ethan répétait scrupuleusement ce que son OM de père lui soufflait (mais qui passait aussi dans le micro). Dans ces cas là je fais le QSO le plus « calme » possible, en épelant bien mon indicatif, en terminant par « over » etc.. et en glissant quelques anecdotes pour rendre le QSO un peu plus vivant afin que le YM soit fier d’avoir réussi un contact lointain !

Tout à coup, je vois FT5WO spotté sur le cluster. J’avais lu l’annonce de son activité sur 14.262 vers 17hTU, là pour le coup il n’est même pas 16H loc et il est sur 14.222.. Je termine avec les ricains et je file écouter.

Bazar habituel. Dans le meilleur des cas, des italiens hurlent leur indicatif.. mais généralement on n’a même pas droit à un indicatif entier, juste deux ou trois lettres répétées ad vomitum. Par moment, quelques stations demandent « who is the DX ? », effectivement comme il n’y a aucun moment de répit, impossible de l’entendre.

Quelques minutes plus tard, il s’avère que FT5WO est bien là, mais que je ne l’entends pas. Dans le pile-up, j’entends deux français, l’un hurle son indicatif et le numéro de son département (!) l’autre, F8EZE, place le sien à bon escient et réussi le QSO ! Je l’appelle sur Skype pour le féliciter. Quelques minutes plus tard, il m’annonce qu’il a reçu un email de Florentin (FT5WO) et qu’il est le premier français dans le log ! Bravo Jean-Philippe !

Sur ce, FT5WO est passé QRT et le cluster annonce un retour vers 17h TU. Je file sur 14.262 MHz et annonce mon indicatif à tout hasard. D’autres français ont eu la même idée !

Une heure plus tard, revoilà FT5WO spotté.. sur 14.222 ! Cette fois-ci je l’entends, et les italiens ont l’air d’avoir plus de mal. Je place mon indicatif et hop, il me répond ! Le QSO sera un peu laborieux, mais nous avons finalement pu le conclure, il a pris mon indicatif et nous avons échangé des reports de 55.

OUF ! Me voila ravi ! Certes Florentin restera actif jusqu’à Novembre 2009 sur Crozet, mais ça y est, le contact est réussi, c’est un new one et je suis parmi les premiers français à l’avoir contacté (il y en a eu d’autres, F5PSG je crois..)

Merci beaucoup, Florentin ! Maintenant, ça va être difficile d’attendre ton retour en 2010 pour envoyer ma QSL !

J’ai terminé l’après midi en guettant ZS8T, mais.. faut pas rêver..

Bouvet

3y0e_logo_1.jpgC’est fait !

Alors là, pour le coup, je suis sur un petit nuage. Hier soir, j’ai réussi à contacter l’OM Petrus, qui était à Bouvet. Il y est depuis Décembre, et cela fait un moment que j’essayai de l’avoir.

A force, je savais à quelle heure écouter, sur quelles fréquences trafiquer, vers où tourner les antennes et comment l’appeler. C’est peut-être risible d’écrire cela, mais quand on voit certains qui demandent « SP or LP » sur le cluster, c’est quand même qu’ils n’ont pas peur du ridicule. De même, en entendant certaines stations françaises appeler comme des débiles en plein milieu d’un QSO, je me suis dit qu’ils ne devaient sans doute pas entendre Petrus. La confirmation vient plus tard, lorsque Petrus leur répond.. et qu’ils continuent à appeler (Je ne plaisante pas ! C’est réellement ce que j’ai entendu !)

Bref, hier soir, avec mes petits 100W, j’ai réussi à placer mon indicatif au bon moment et *paf* il m’a répondu.

Wow, ça c’est du DX. Du vrai, du rare, du lointain, du « à la limite« .

Vive le DX !

Il reste encore environ deux semaines. Si vous ne l’avez pas contacté, à vous de jouer, bon courage !

Les balises NCDXF/IARU

De tous les moyens à notre disposition pour juger de l’état de la propagation, l’écoute des balises est sans doute le meilleur. Par rapport aux « simulations » informatiques basées sur les relevés géomagnétiques, les balises, qu’elles démentent ou vérifient les prédictions, vous permettent de déterminer précisément les zones géographiques que vous pouvez entendre (donc contacter) par radio et les bandes sur lesquelles vous pouvez le faire.

Sur les bandes VHF et aussi sur 28MHz, la multiplicité des balises peut poser un problème: On ne sait pas trop où écouter, on n’est jamais certain du bon fonctionnement de la balise censée être là, et aussi pour ceux qui ne pratiquent pas le morse, on ne sait pas trop d’où est celle que l’on entend.

Sur les bandes décamétriques, la NCDXF et l’IARU ont, depuis les années 80, mis en place un réseau de balises trop souvent ignoré, peut être parce que trop méconnu.

Ce réseau de balises est décrit en détail (mais en anglais) sur le site de la NCDXF. Le fonctionnement est le suivant:

Il y a 18 balises qui se partagent 5 fréquences (14,110 18,118 21,150 24,930 28,200).

  • Si l’on considère une seule fréquence, chaque balise y passe 10 secondes, donc en restant trois minutes (180 secondes) sur une fréquence, vous aurez entendu les 18.
  • Si l’on considère une balise, elle passe 10 seconde sur 14MHz, puis immédiatement QSY sur 18, puis 21, 24 et 28Mhz. Elle émet donc 5 fois 10 secondes puis se repose jusqu’à son tour suivant.
  • Si l’on considère un moment donné, il y a cinq balises qui transmettent en même temps (une sur chaque bande). Il vous faudra donc trois minutes par bande pour tout entendre, soit 15 minutes pour l’ensemble ou moins si vous n’écoutez pas les WARC par exemple.
  • Dans les 10 secondes qui lui sont allouées, chaque balise transmet son indicatif, suivi d’un long trait d’une seconde à 100W, puis un long trait à 10W, un à 1W et un dernier à 100mW.

Le tableau du site de la NCDXF permet non seulement de visualiser ce qui précède, mais vous donne également l’état des balises, car certaines demandent parfois de la maintenance et ne sont pas actives.

Pour nous aider à savoir « qui est où », de nombreux outils informatiques ont été développés. Il nécessitent, bien entendu, d’avoir un PC à l’heure (sachant qu’une transmission dure 10 secondes, si votre ordi est décalé de 10 secondes, il vous indiquera n’importe quoi..) mais il y a des outils pour cela.

J’ai personnellement essayé deux de ces outils:

Le premier est Propview, une application de la suite DX Lab qui est mon outil informatique principal à la station. Vous indiquez à Propview ce que vous voulez surveiller (une bande, une balise) et il se charge de déterminer à quel moment vous devez écouter quoi, et sur quelle fréquence. Naturellement, si vous utilisez les autres logiciels de la suite, il pourra faire QSY et faire tourner votre antenne dans la direction de la balise.

propview.jpg

Le second est le plus abouti dans le domaine, il est même fascinant. Il s’agit de Faros. C’est une application qui écoute tout seule ! Vous laissez tourner FAROS et vous le retrouvez, 24Heures après, avec un beau graphique de « quelles balises ont été entendues, sur quelles bandes, et avec quel rapport signal/bruit ». Faros va même plus loin en essayant de déterminer, d’après les délais de propagation, si les signaux entendus arrivent en Short Path ou Long Path.

faros.PNG

Le logiciel FAROS permet donc une écoute très précise des balises NCDXF et peut être « automatisé » pour envoyer en temps réel ses graphiques d’écoute sur une page web, par exemple. Voyez donc celles-ci.

Le seul regret en ce qui me concerne est le regret que FAROS ne puisse pas orienter les antennes. Pour obtenir des reports « neutres » (ne favorisant pas une certaine direction) il faut donc utiliser une antenne verticale.

Voila un bon projet pour un radio-club, qui permet de plus de rentabiliser 24H/24 le matériel qui ne servirait que quelques heures par semaine.

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