France Inter abandonne les grandes ondes

Ainsi donc, c’est sans tambour ni trompette que France Inter va quitter le bas du spectre. Je suis peut-être excessivement conservateur ou mélancolique, mais je trouve qu’elles méritaient mieux, ces grandes ondes.

Le site de France Inter n’en dit rien, il se contente d’indiquer l’échéance et de renvoyer les auditeurs vers la bande FM. Pourtant, il me semble qu’elles font partie du patrimoine, ces émissions en grandes ondes.

Du patrimoine radiophonique national, d’abord, puisque le puissant émetteur d’Allouis, datant des années 1930, pré-existe à Radio France. Il émet les fameux « tops horaires ». D’une puissance de 2MW —mega-watts— (à transistors !) c’est vers lui que le Réseau National d’Alerte nous oriente, d’ailleurs, expliquant sagement que « en cas de destruction de l’émetteur en modulation de fréquence (FM) le plus proche, l’émission en grandes ondes peut toujours être captée. Par ailleurs, en cas de défaillance du réseau d’électricité, il est toujours possible d’écouter la radio avec un poste à piles, à batterie, solaire ou bien à alternateur (« dynamo », manivelle permettant de charger la batterie). La station répétera en boucle la situation et les consignes à suivre. »

De notre patrimoine particuliers, en tant que radioamateurs: Combien d’entre nous ont découvert la magie des ondes en étant intrigués, gamins, par les voix étrangères entendues en passant le poste familial en « PO » ou « GO » ? Combien ont rêvé devant le poste de mamie dont le cadran, sur lequel figuraient les capitales du monde, était un véritable atlas ?

Hé bien voila, il semble que je sois le seul à m’émouvoir.

Je m’émeut non pas parce que l’on nous explique que c’est une technologue dépassée (ce qui est vrai)(quoique le numérique en grandes ondes permettrait peut-être de moderniser cela), ni que cela permette une économie de quelques millions d’euros par an (grâce à cela, aucun doute, l’équilibre budgétaire de la France est à portée de main).

Je déplore plutôt que l’on fasse cela sans égard au patrimoine et à l’histoire (on pourrait espérer que des émissions historiques de France Inter y consacrent une émission), et que l’on abandonne le côté « régalien » ou « gaullien » du truc, pour s’en remettre à l’inconnu, sans même répondre aux députés qui s’interrogent.

PS: Je trouve que quelques périodes d’émission amateur par le R.E.F depuis l’émetteur d’Allouis, pour célébrer la mémoire de cette station à travers le monde, auraient de la gueule.

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3 Comments

  1. Bonjour,
    Je partage entièrement votre avis, l’arrêt de l’émetteur Grandes Ondes de France Inter est très triste événement. Vous n’êtes pas le seul à être attristé, je le suis également ainsi que toute la communauté des collectionneurs de TSF dont je fais partie, et ainsi que nos camarades vivant dans les pays frontaliers et qui écoutent France Inter sur les GO.
    La bande des GO sera bien vide sans France Inter…
    Pour ceux que ça intéresse une pétition existe : http://162khz.wesign.it/fr
    Cordialement.

  2. Je ne puis m’empêcher d’associer le mot « stupidité » à cette décision qui sens l’économisme étriqué et qui, du point de vue de nombre d’auditeurs sans doute, fait fi de l’aspect pratique de l’écoute des stations de radiodiffusion. Certes la diffusion en FM étend la fréquence BF jusqu’à 15kHz (au lieu de 4,5kHz en modulation d’amplitude des gammes Ondes Longues et Moyennes), mais, franchement, s’agissant de France Inter, où 90% du temps, au moins, on parle plus qu’on ne diffuse musique et chansons, l’argument ne vaut rien. En revanche, farfouiller au milieu d’une gamme FM saturée pour passer sur la bonne fréquence quand on change de lieu, quel progrès! Et puis, retoucher sans cesse l’antenne du petit récepteur parce la réception fluctue avec du souffle chaque fois que l’on passe à proximité, cela donne-t-il envie de prolonger l’écoute…nonobstant la qualité du contenu des émissions? La réception en Grandes Ondes est incomparablement plus stable. Sans compter que plus des trois quarts du territoire français d’Europe peut se parcourir sans qu’il soit nécessaire de changer de fréquence ou de gamme d’ondes. Il serait intéressant de savoir si les Etats voisins renoncent si facilement aux avantages que procurent la propagation d’onde de sol en Grandes Ondes: BBC, Deutchlandfunk, Pays Scandinaves… et même pays d’outre Méditerranée!

  3. Personnellement j’éteins quelques dizaines de secondes le poste, lorsque je reçois le message autoritaire de commutation, message qui a été volontairement placé pour nous instiller une bonne dose d’angoisse par le ton de l’intervenante et la musique (le bruitage) associés.

    L’autorité de l’annonce est à l’image du comportement des dirigeants à mentalité comptables et à courte vue, de Radio France. Espérons que ces dirigeants vont s’assoir 2 minutes au calme et réfléchir un peu plus. Cela me semble affligeant.

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